IT HANGS BY A THREAD.


Plumer Les Mots

la-vie-ne-tient-qu-a-un-fil

Ça ne tient qu’à un fil. La résistance de la singularité. Se croire un symptôme unique dans cette science qu’est la vie. Penser que nous sommes la particularité d’une séquence dans cette chimie qui fait nos existences.

La corpulence de notre rébellion personnelle. Nager à contre-courants. Affronter ces vagues que font ces gens à qui nous tenons. Lever le poing en l’air. Soulever des hordes d’injustices qui nous arrivent qu’à nous seuls, parce que c’est ce que nous croyons. Battre le fer tant qu’il est chaud lorsqu’il fait si froid au milieu de toute cette indifférence.

Le lithium de nos attaches.Cette substance toxique qui nous lie de façon obsessionnelle et passionnelle à cet autre qui nous fait enfin entier. Cette énergie pourtant nécessaire afin de maintenir le plein niveau de nos batteries car on se vide et on s’éteint sans Amour.

La liberté dont on s’éprend. Marcher sur les barbelés…

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D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds


Nous veillons donc à régler le volume suffisamment fort pour qu’on entende la musique loin dans la nuit, qu’elle monte jusqu’au ciel ou atteigne ce lieu que nous rejoindrons tous à notre heure dernière, cet instant où les arbres cesseront de pousser, les morts d’être entendus, la pluie de tomber, le soleil de briller et où la terre n’aura plus d’odeur. Ce moment où tout prend fin d’une manière qui échappe à notre entendement, et que nous n’osons pas, mais devons sans doute constamment nous efforcer de comprendre, sans relâche ni hésitation, parce que si nous renonçons à atteindre ce qui est justement hors d’atteinte de la vie, alors nous trahissons, et cette trahison est si radicale qu’aucune force ni puissance ne saurait l’effacer.


D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds


Nous veillons donc à régler le volume suffisamment fort pour qu’on entende la musique loin dans la nuit, qu’elle monte jusqu’au ciel ou atteigne ce lieu que nous rejoindrons tous à notre heure dernière, cet instant où les arbres cesseront de pousser, les morts d’être entendus, la pluie de tomber, le soleil de briller et où la terre n’aura plus d’odeur. Ce moment où tout prend fin d’une manière qui échappe à notre entendement, et que nous n’osons pas, mais devons sans doute constamment nous efforcer de comprendre, sans relâche ni hésitation, parce que si nous renonçons à atteindre ce qui est justement hors d’atteinte de la vie, alors nous trahissons, et cette trahison est si radicale qu’aucune force ni puissance ne saurait l’effacer.


Entre ciel et terre


Les montagnes en surplomb dominent la vie, la mort ainsi que ces maisons blotties sur la langue de terre. Nous vivons au fond d’une cuvette : le jour s’écoule, le soir se pose ; elle s’emplit lentement de ténèbres, puis les étoiles s’allument au-dessus de nos têtes où elles scintillent éternellement, comme porteuses d’un message urgent, mais lequel et de qui ? Que veulent-elles de nous et peut-être surtout : que voulons-nous d’elles ?
 Peu de vestiges évoquent à présent en nous la lumière. Nous sommes nettement plus proches des ténèbres, nous ne sommes pour ainsi dire que ténèbres, tout ce qui nous reste, ce sont les souvenirs et aussi l’espoir qui s’est pourtant af adi, qui continue de pâlir et ressemblera bientôt à une étoile éteinte, à un bloc de roche lugubre. Pourtant, nous savons quelques petits riens à propos de la vie et quelques petits riens à propos de la mort : nous avons parcouru tout ce chemin pour te ravir et remuer le destin


Moi maintenant


Moi. Moi ici. Moi maintenant.
 S’éveiller, être, exister :
 de nouveau l’alliance prodigieuse.
 Mon être se confirme
 en son dedans. Je suis.
 Moi : somnolence heureuse
 douceur de poursuivre encore
 et de persévérer.
 Nul bonheur
 n’est plus grand que cette concordance
 de l’être avec l’être. Maintenant,
 sans même un éclat. Et la vie
 s’enracine
 au-dedans de sa profondeur nécessaire



Just One Time.


Plumer Les Mots

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Je ne t’ai vu qu’une fois
À la volée.
Je me suis senti proche de toi
Comme si l’un de nous avec quelque chose de l’autre.
Dans ton empressement
Tu as laissé quelques larmes au sol.
Elles ne m’ont pas échappé.
Happée dans mon intrigue
Je t’ai fouillé
Comme une girouette
Aucun de tes points cardinaux ne m’a échappé.
Le soleil pour complice
La brise pour traîtrise
J’ai vu ta peau éraflée.
Plus haut
J’ai buté sur ton œil vide aux abords
Dégoulinant de surplus en profondeur.
Alors mes pieds se sont calés sur tes pas.
J’ai fondu dans la masse.
Tout ce peuple inutile entre nous…
J’étais le bélier des forces d’un nouvel ordre
Invectivé par ma pompe à vivre
Mes chairs et mes os devaient te faire front.
Je voulais me frayer un chemin entre tes cicatrices,
Jongler entre tes cyphoses.
Et enfin te faisant face
Te dire…

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La septième fonction du langage


La place des textes est dans les manuels scolaires. Il n’y a de vérité que dans les métamorphoses du discours, et l’oral seul est suffisamment réactif pour rendre compte à vitesse réelle du cours éternel de la pensée en marche. L’oral, c’est la vie : je le prouve, nous le prouvons, rassemblés aujourd’hui pour parler et pour écouter, pour échanger, pour discuter, pour contester, pour créer ensemble de la pensée vivante, pour communier dans le mot et l’idée, animés par les forces de la dialectique, vibrant de cette vibration sonore qu’on appelle la parole et dont l’écrit n’est somme toute que le pâle symbole : ce que la partition est à la musique, rien de plus.


Entre vos mains, ma gente dame


Entre vos mains, ma gente dame,
 je remets cet esprit qui se meurt :
 il s’en va si dolent qu’Amour le regarde
 avec pitié quand il le congédie.
 Vous l’avez lié à sa domination
 si bien qu’il n’a plus aucune force
 pour l’invoquer sinon pour dire : « Seigneur,
 tout ce que tu veux de moi, je le veux. »
 Je sais que tout tort vous déplaît :
 aussi la mort, que je n’ai pas méritée,
 entre bien plus amère en mon cœur.
 Ma douce dame, tant que je suis en vie,
 afin que je meure en paix et consolé,
 pour mes yeux daignez ne pas être avare.



Les mémoires courtes 53)



Il penche le monde
Il est penché.
Les fenêtres

Les murs

La raison d’être
Tout est penché.
Les jeunes filles
S’épanchent
Auprès de leurs
Fiancés.
Les portes
Penchent
Les noyés.
Il penche le monde
Il est penché
Peut-être
Qu’il va tomber.
Nous aurons
L’air malin
Allongés
Dans le rien
La caresse creuse
Le visage affadi.
Allongé
L’écharpe
De l’univers
Autour du cou
Il penche le monde.

© Patrick Chemin
Le 5 septembre 2015
(Les mémoires courtes)
© Photo Cok Friess
Le texte a été écrit
D’après l’image


La clairière du coeur


Alors, vous allez m’enseigner ? 
Non ! 
Parce que je ne suis pas un Indien ? 
Non. Parce que tu ne connais pas ton cœur. 
L’important est que tu détermines précisément le pourquoi de ton désir. 
Un homme va à la connaissance comme il part pour la guerre, avec lucidité, crainte,
respect et une ferme assurance.