Silence


Je fermerai la bouche aux silences

je détournerai les violences

de la violence

je me ferai vague et odeur du temps
pour devenir un éclat de bonheur
fiché en toi
un éclat de bonheur
oui
retenu
préservé du chaos
pour toi




Le chemin de la Vie


Tu n’aimerais pas etre heureux sur tous les plans ….? Ne pas avoir à dire oui quand ça ne te fait pas plaisir… ? Sentir que c’est toi qui contrôles la vie au lieu de te laisser entraîner par elle ,assis dans le wagon 23…?Veux-tu ?(…..)
-Primo ,rappelle toi qu’aimer a plus de valeur qu’être aimé
Aimer ,ça s’arrête le monde et ça les fait bouger. Si on t’aime et que tu n’aimes pas, tu finis par t’engourdir.(…..)
« Ce qui nous plait n’indique pas le chemin a prendre,pas plus que ce qui nous plait pas…
Parfois ,ce qui oriente ,c’est ce qui ne nous passionne pas, ce qu’on ne déteste pas non plus.
« Comprends-moi…Tu dois avoir confiance en toi ,pas en ce que tu crois aimer…La voie n’est pas tracée par ce qui te plait ,c’est toi qui la trace….
 
 
 
 
 

Coeur léger


Cœur léger cœur changeant cœur lourd

Le temps de rêver est bien court


Que faut-il faire de mes nuits


Que faut-il faire de mes jours

Je n’avais amour ni demeure

Nulle part où je vive ou meure

Je passais comme la rumeur

Je m’endormais comme le bruit.


Ombre


Ombre. Le chemin de la vie va d’est en ouest. L’enfant marche le dos au soleil levant. Malgré sa petite taille, une ombre immense le précède. C’est son avenir, caverne à la fois béante et écrasée, pleine de promesses et de menaces, vers laquelle il se dirige, obéissant à ce qu’on appelle justement ses « aspirations ».

   À midi, le soleil se trouvant au zénith, l’ombre s’est entièrement résorbée sous les pieds de l’adulte. L’homme accompli s’absorbe dans les urgences du moment. Son avenir ne l’attire ni ne l’inquiète. Son passé n’alourdit pas encore sa marche. Il ignore la nostalgie des années défuntes, comme l’appréhension du lendemain. Il fait confiance au présent, son contemporain, son ami, son frère.

   Mais le soleil basculant vers l’occident, l’ombre de l’homme mûr naît et croît derrière lui. Il traîne désormais à ses pieds un poids de souvenirs de plus en plus lourd, l’ombre de tous ceux qu’il a aimés et perdus s’ajoutant à la sienne. D’ailleurs, il avance de plus en plus lentement, et s’amenuise à mesure que grandit son passé. Un jour vient où l’ombre pèse au point que l’homme doit s’arrêter. Alors il disparaît. Il devient tout entier une ombre, livrée sans merci aux vivants.


Insomnia


Pendant l’insomnie, je me dis, en guise de consolation, que ces heures dont je prend conscience, je les arrache au néant, et que si je les dormais, elles ne m’auraient jamais appartenu, elles n’auraient jamais existé.

Sillogismes de l’amertume

Poeme N° 190


Il était faible, et j’étais forte —alors
Il m’a laissé l’emmener—
J’étais faible, et il était fort —alors
Je l’ai laissé m’emmener —chez moi.
Ce n’était pas loin —la porte était à côté—
Il ne faisait pas noir —puisqu’il est venu —aussi—
Il n’y avait pas de bruit —puisqu’il n’a rien dit—
C’est tout ce qui m’importait.
Le jour a frappé —et il a fallu nous quitter—
Ni l’un ni l’autre n’étions plus forts —à présent—
Il luttait —et je luttais —aussi—
Nous ne l’avions pas fait —pourtant!



He was weak, and I was strong —then-
So He let me lead him in—
/ was weak, and He was strong then—
So I let him lead me —Home.
‘Twas’ntfar —the door was near—
‘Twas’nt dark —for He went —too—
‘Twas’nt loud, for He said nought—
That was all I cared to know.
Day knocked —and we must part –
Neither —was strongest —now—
He strove —and I strove —too—
We did’nt do it — tho’l
Emily Dickinson 1830-1886 & John Singer Sargent

The Laugh of the Medusa


We should write as we dream; we should even try and write, we should all do it for ourselves, it’s very healthy, because it’s the only place where we never lie. At night we don’t lie. Now if we think that our whole lives are built on lying-they are strange buildings-we should try and write as our dreams teach us; shamelessly, fearlessly, and by facing what is inside very human being-sheer violence, disgust, terror, shit, invention, poetry. In our dreams we are criminals; we kill, and we kill with a lot of enjoyment. But we are also the happiest people on earth; we make love as we never make love in life.” 
Helene Cixous

Au moment voulu


Il est difficile de revenir sur une impossibilité quand elle a été surmontée, plus difficile encore, quand il n’est pas sûr que l’impossible ne demeure. Les hommes qui passent et ne se rencontrent pas, sont innombrables ; personne ne le juge scandaleux ; qui voudrait se faire voir de tous ? Mais, moi, j’étais peut- être tous encore, j’étais peut-être le grand nombre et la multitude inépuisable, qui pourrait en décider ? Cette chambre était pour moi le monde, et pour mon peu de forces et mon peu d’intérêt, elle avait l’immensité du monde : qui exigerait d’un regard qu’il traverse l’univers ? Qu’y a-t-il d’étrange à ne pas voir ce qui est loin, quand le proche est encore invisible ? Oui, l’inexplicable n’est pas dans mon ignorance, mais que cette ignorance ait cédé. Je trouverais injuste mais conforme aux lois de n’avoir pu rompre l’infini, ni arracher à tous les hasards le seul qui puisse s’appeler chance. Chance âpre, comblée d’infortune, mais il n’importe : la chance ! Or, je l’ai eue et, même perdue, à jamais je l’ai encore. C’est de cela qu’il faudrait s’étonner

Maurice Blanchot