Un chant d’oiseau en printemps , une feuille jaunie qui tombait d’un arbre en automne et le bruit des gouttelettes d’eau sur mon cartable d’écolier me rendaient heureux , je me sentais vivant en phase avec la nature et mes semblables , nous rions aux éclats quand on rentrait chez nous mouillés comme des oisillons et que ce rire insoucieux va nous coûter quelques coups du paternel et la rage de nos mères .Je me souviens qu’un jour avec mes amis , on a voulu monter un figuier et soudain un de nos amis s’est fait accroché par son maillot sur une branche et on pouvait pas le dégager de là , on a pris la fuite le laissant à son sort , le pauvre a été libéré le soir par son grand frère en entendant son cri qui venait d’une maison inhabitée .
.Mon premier vrai livre je l’ai trouvé traînant sur le chevet de ma grande sœur, je l’ai regardé et le titre m’a plu , LE GRAND MEAULNES , je croyais que c’était un livre d’histoire parlant d’un grand homme, je l’ai remis en place et réfléchissant à une ruse pour le lire car ma sœur n’aimait pas qu’on touche à ses affaires alors la nuit je me faufile dans sa chambre sur la pointe des pieds , je prenais le livre et retourne dans mon lit . »Il arriva chez nous un dimanche de novembre 189... » , depuis cette nuit , j’ai basculé vers un autre univers enchanté celui des livres .
A quinze ans , j’en voulais à tout le monde et je commençais à prendre mes distances de mon entourage. Je me sentais pas dans mon élément , leurs discussions est un calvaire pour moi dès qu’ils sont finis , je me réfugiais dans ma chambre ,je ne retrouve ma sérénité qu’avec un livre entre mes mains , j’avais pas encore un gout spécifique pour un auteur ou un type d’ouvrage , je lisais ce qui tombait entre les mains : Je bâtissais mon monde à moi .
Les échos de la Fac me parvenaient à travers un élève de notre classe qui habitait près de la faculté  » La police a arrêté 5 étudiants pour troubles à l’ordre public  » , « des étudiants masqués ont brûlé une voiture de la police ». Le soir à la Télé , le même message se répétait « Nous frapperons de main de fer tous ceux qui sèment le désordre dans les grands établissements universitaires » etc…, . Quelques noms me devenaient familiaux : Sartre , le Tché , Castro , de Beauvoir, Martin luther king , Malcom X etc…., des mots nouveaux surgirent « impérialisme » , « communisme » , » liberté  » tout ça est nouveau pour moi mais ont trouvé le terrain préparé pour m’engager et choisir mon camp celui d’être libre et sans attaches . J’ai choisi la mer , cette étendue bleue sans commencement ni fin .

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