La laideur ! Ce contre quoi nous appelons n’est pas la laideur opposable à la beauté, dont les arts et le désir effacent et retracent continuellement la frontière. Laideur
vivante, beauté, toutes deux les énigmatiques, sont réellement ineffables. Celle qui nous occupe, c’est la laideur qui décompose sa proie. Elle a surgi – plus délétère, croyons-nous, que par le passé où on l’entrevit quelquefois – des flaques, et des moisissures que le flot grossi des chimères, des cauchemars comme des vraies
conquêtes de notre siècle, a laissées en se retirant.
Alors, quel aliment ?
La liberté n’est pas ce qu’on nous montre sous ce nom. Quand l’imagination, ni sotte, ni vile n’a, la nuit tombée, qu’une parodie de fête devant elle, la liberté n’est pas
de lui jeter n’importe quoi pour tout infecter. La liberté protège le silence, la parole et l’amour. Assombris, elle les ravive ; elle ne les macule pas. Et la révolte la ressuscite à l’aurore, si longue soit celle-ci à s’accuser. La liberté, c’est de dire la vérité, avec des précautions terribles, sur la route où TOUT se trouve.Béant comme un volcan et frileux comme lui dans ses moments éteints

René Char, Recherche de la base et du sommet

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