LE BAISER DU TEMPS


Oiseau migrateur
avec un compas affolé
dans le cœur
tu ne sais toujours pas où est ta maison
si tu pars ou si tu reviens

quand tu restes des heures sur un quai de gare
parmi les camomilles sauvages.

Et tu divagues
entre le moulin et les digues
entre ton nid et la rivière
dans les carrières de sable
et les maisons aux fenêtres clouées.

Et puis aussi :
entre la montagne enneigée et les poubelles
entre tes livres et la boîte aux lettres
dans la gorge enflammée de la ville
et parmi quelques addictions.

Partout à la maison
nulle part en toi.