Lune… LES CONFESSIONS D’UNE AME


VSUY4801

 

 

On va assister à un coucher du soleil, un comme il n’y en a jamais eu et il n’y en aura plus, le lendemain le jour sera le même mais la nuit aura changé pour toujours, plus aucun repos ni répit , éclairés par les ténèbres , les monstres et les créatures immondes apparaîtront devant nos yeux sans pudeur et dévoreront nos paupières ; plus rien ne pourra alors différencier un cauchemar d’un autre …Les plus forts mourront , les plus faibles subsisteront, les plus chanceux oublieront , les maudits comprendront ; et moi ? Moi j’observerai le paradoxe de mon impuissance violer avec absurde, terrifiante, terrible et tremblante violence personne d’autre que toi…. »
“Les temps changent ; que les hommes meurent, que les choses et les valeurs et les certitudes et les libertés disparaissent est sans importance ! Ce qui n’est pas insignifiant c’est que cette nouvelle ère soit caractérisée par l’absence d’espoir de pouvoir remédier aux choses, qu’elle soit dépouillée de la volonté de combattre pour reprendre tout ce que nous n’avons jamais eu et nous perdons constamment ; ceci me fait peur et j’espère qu’écrire pourra me donner un peu de courage pour faire face à cette situation vu que la nuit ne nous considère plus digne
de conseils et ne veut m’accorder rien d’autre que le vide du temps perdu les yeux fermés la tête sur un oreiller qui ne sera plus jamais doux et moelleux, plus aucun espoir d’oublier ou de reposer. »
« Notre siècle est « redécadent », est un décadentisme qui revient et qui a perdu son
mouvement, une larme qui ne veut pas couler. C’est un siècle qui est difficile à cerner et complexe, quasiment incompréhensible, et là est bien le problème..
On ne peux pas l’appeler maudit avec le mince doute que la métaphysique n’existe pas car les symptômes sont trop évidents et bien qu’à ce jour aucune médecine douce n’existe, mis à part l’euthanasie, il est clair que ce siècle est malade, que la maladie est là, une maladie qui semble sans espoir de guérison, sans remède possible.
Et si nous le regardions, enfin, à la lumière de la nuit il serait sans doute trop tard.
Les couleurs nécessaires que l’on aurait du découvrir sont d’autres que celles que nous pouvons voir, les sons eux aussi sont d’autres, les sens, les sentiments,  tout ce que nous avons et avons eu est désormais inutile, nous sommes désormais un siècle sans passé et il est bien dommage que cette inutilité n’apparaisse évidente que maintenant… »
« J’espère que la Lune, la nuit et la fatigue pourront me chuchoter ce qu’il reste à faire. Sans amour je désire connaitre ces nouveaux commandements pour pouvoir crier « en avant ! » à une humanité qui en faisant un pas de plus se perdra pour toujours ou bien pour que l’inexistence de quelque chose capable de redonner un peu de dignité à une vie devenue putain puisse me donner la force de regarder avec plaisir, sans parler ni même gémir, sans bouger ni même tomber, la fin de tout sans avoir essayé de l’éviter, sans avoir combattu ni même prié. »

Gianmarco Giuliana Thierry
La Lune, les Ténèbres,la Fatigue et La Nuit