Sonnet


Combien de bardes dorent le cours du temps !

Quelques uns d’entre eux furent toujours la nourriture

De mon imagination charmée — Je pouvais longuement méditer

Sur leurs beautés, terrestres ou célestes :

Et souvent, lorsque je m’asseois pour rimer,

Elles font en foule irruption dans mon cerveau :

Mais ni confusion, ni trouble grossier

Elles n’apportent ; c’est un harmonieux accord.

Ainsi les innombrables sonorités qui sont l’apanage du soir ;

Les chants des oiseaux— le bruissement des feuilles —

La voix des eaux — la grande cloche qui se balance

En résonnant solennellement — et des milliers d’autres encore,

Que la distance empêche de reconnaître,

Forment non un vacarme incohérent, mais une délicieuse symphonie.