Ghosteen, les fantômes de Nick Cave


Etant un grand fan de Nick cave, sa poésie et ses états d’âme sont les leitmotive de sa poésie , Nietzsche disait que nous sommes « humains trop humains », et nous ne pouvons pas échapper à notre sort . On accepte les coups de boutoir du destin, mais enfin de compte on finit par lâcher, le désespoir prend le contrôle et nous sombrons dans l’abime de nos ressentis, certains d’entre nous , ont le don d’exprimer la douleur et le désespoir « in beautiful confessions  » comme le disait Johnny Lothoss dans sa merveilleuse chanson « i wish i was a poet’ .la perte d’un être cher est toujours affligeante . Le dernier album de Nick cave sorti en Octobre 2019, à part la « beauté » des mots , il se livre en tant qu’un humain qui n’en peut plus après la perte de son fils en 2015. Pour moi un album culte de la fragilité humaine. de ma part, Pfffff , une chanson sur la mort de son fils déguisée et un lien pour l’album complet .

Album complet

Grimper à l’arbre … — Plumes, pointes, palettes et partitions


» Sous les mots, sous l’écorce, regardez, venez, touchez !Ça tient, c’est tendre, c’est fort !Je peux grimper moi aussi.Me hisser vraimentComme un singe,Joueur, agile, léger, sûrBalançant du bout des doigtsMe hisser, moi aussi,En haut de mon arbre. J’y serais bien, dans le vent frais,Ecoutant la mélodie du feuillage libre.Je répondrais aux oiseaux de passage,Les nourrirais de […]

Grimper à l’arbre … — Plumes, pointes, palettes et partitions

Il n’y a pas de défaite dans la tension pour s’accomplir.
Pas de défaite, faites-moi de la place
Je peux m’accroupir,
Si nécessaire.

Si nécessaire effort pour se lever et rester,
Debout,
V
E
R
T
I
C
A
L
E

Maëlle Ranoux

Suis là


Bonsoir et bonjour à tous,

ça fait presque un an que je suis absent, vous ne savez pas combien j’avais envie de vous lire et de vous savoir sains et sauf, une année passée avec cette pandémie qui nous a montré qu’avec tout notre arsenal de technologie , de connaissance et de progrès, nous sommes vulnérables et chacun de nous doit se poser la question qu’enfin de compte, rien ne nous protège des aléas de la vie à part notre cohésion et empathie. Rien n’a subsisté, ni la haine, l’intolérance ou que ça n’arrive qu’aux autres. Bref j’espère que vous êtes tous en bonne santé et que le printemps est venu pour nous réjouir , que la joie et le bonheur nous accompagnent tous .

Je ne peux pas vous lire tous, mais je ferai un passage au moins pour lire les derniers articles

Bonne continuation

les roses sont gratuites, servez vous

Quiétude et inquiétude…Orphée et Eurydice


Déjà, revenant sur ses pas, Orphée avait échappé à tous les hasards. Eurydice lui était rendue et remontait vers les airs en marchant derrière lui (car Proserpine lui en avait fait une loi), quand un égarement soudain s’empara de l’imprudent amant, égarement bien pardonnable si les mânes savaient pardonner ! Il s’arrêta, et au moment où ils atteignaient déjà la lumière, oubliant tout hélas ! et vaincu dans son cœur, il se retourna pour regarder son Eurydice. Aussitôt s’évanouit le résultat de tous ses efforts, le pacte conclu avec le tyran cruel fut rompu et trois fois un bruit éclatant monta de l’Averne. Alors, “quelle est dit-elle cette folie qui m’a perdue, malheureuse que je suis ? Et qui t’a perdu, Orphée ? Quelle folie ? Voici que pour la seconde fois les destins cruels me rappellent en arrière, et que mes yeux se ferment, noyés dans le sommeil. Et maintenant, adieu ! Je suis emportée dans la nuit immense qui m’entoure et je tends vers toi des mains impuissantes, hélas, je ne suis plus à toi !”. Elle dit, et hors de sa vue, soudain, comme une fumée se confond avec l’impalpable, elle fuit du côté opposé ; en vain, il s’évertuait à saisir des ombres, il voulait lui parler encore : elle ne le vit plus, et le rocher d’Orcus ne permit plus qu’il repassât le marais qui les séparait » (Virgile, Les Géorgiques, IV, coll. Budé, Les Belles-Lettres, p. 485-503)

Orphee-et-Eurydice-bronze

Liliane Caumont

Quand Orphée descend vers Eurydice, l’art est la puissance par laquelle s’ouvre la nuit. La nuit, par la force de l’art, l’accueille, devient l’intimité accueillante, l’entente et l’accord de la première nuit. Mais c’est vers Eurydice qu’Orphée est descendu : Eurydice est, pour lui, l’extrême que l’art puisse atteindre, elle est, sous un nom qui la dissimule et sous un voile qui la couvre, le point profondément obscur vers lequel l’art, le désir, la mort, la nuit semblent tendre (L’Espace littéraire, p. 227)

Eurydice est donc l’œuvre ; la démarche d’Orphée est une tentative de dévoilement : son approche est heuristique. Sous le couvert de la nuit, Orphée pressent que se cache l’essence de l’œuvre, la réalisation parfaite, l’harmonie, la complétude de l’œuvre. Alors Orphée prend conscience que sa recherche est liée à la démesure, car son projet est de ramener au jour Eurydice, d’en cerner la forme, d’en réaliser la présence. Toutefois, le mythe nous dit que se détourner et regarder directement l’œuvre, Eurydice-l’œuvre, est un acte impossible puisqu’à ce retournement est liée la disparition de l’œuvre, emportée dans la nuit de la mort. Deux conséquences majeures sont soulignées par Blanchot :
Premièrement, la quête d’Orphée – la quête de tout écrivain – est liée à l’échec :
« Mais si l’inspiration dit l’échec d’Orphée et Eurydice deux fois perdue, dit l’insignifiance et le vide de la nuit, l’inspiration, vers cet échec et vers cette insignifiance, tourne et force Orphée par un mouvement irrésistible, comme si renoncer à échouer était beaucoup plus grave que renoncer à réussir, comme si ce que nous appelons l’insignifiant, l’inessentiel, l’erreur, pouvait, à celui qui en accepte le risque et s’y livre sans retenue, se révéler comme la source de toute authenticité » (ibid., p. 231)

a girl named eclipse — The Lonely Author


Something a little different…..

a girl named eclipse

a poet born
between a nightmare and soliloquy
surfacing from the deep
to write poetry from beyond
the penumbra of her heart
where loneliness pulsates in tones
echoes of the forsaken
serving as hallowed church bells
chiming the sad truth
not all of us are meant to be loved
like this child of the shadows
a girl named eclipse

via a girl named eclipse — The Lonely Author

TE VOILA


Capture

 
Contre ce ciel trop blanc, trop vide,
Te voilà ! Je t’ouvre mes bras.
Tu ris sous mes baisers, tu trembles…
Nous ne nous reconnaissons pas.
Ici, tu n’es jamais venue.
J’ai pourtant souffert de longs jours…
Tu souffrais d’un mal inconnu…
Mais l’amour était-ce l’Amour,
Et non pas l’étrange malaise
Qui nous jeta si longuement
L’un loin de l’autre avec la fièvre
D’un inexprimable tourment ?
Ne me dis rien… Je t’ai comprise.
Tu sanglotes entre mes bras
Et c’est enfin la bonne crise…
Je ris, tu pleures… C’est bien toi !

La loi du rêveur


20995415

 

Tout en songeant à cela, je pouvais presque entendre ce que disaient les débatteurs
à la télévision. C’est que la porte de la chambre était restée entrebâillée. Maman
avait-elle l’intention de nous surveiller toute la nuit ou avait-elle simplement oublié de la refermer ? Quoi qu’il en fût, la veilleuse de ma petite enfance luisait dans le couloir. Tiens, me dis-je, pourquoi les parents ont-ils allumé la veilleuse ? Il
y avait au moins quatre ou cinq ans qu’on ne l’allumait plus. Je n’étais plus un bébé, je n’avais plus peur du noir. De plus, Louis était là ! Pourtant, je voyais bien l’auréole rousse, là-bas, dans la nuit du couloir, déployée autour de la petite ampoule comme l’œil ouvert d’un hibou. Je n’arrivais pas à en détourner les yeux. Ce hibou va m’empêcher de dormir, me dis-je. Je résolus de fixer cet œil jusqu’à ce qu’il se ferme. Un garçon de dix ans croit dur comme fer à ce genre de choses : Si je regarde cette veilleuse assez longtemps sans cligner des yeux, elle s’éteindra d’elle-même ; pure affaire de volonté. Le hibou fermera son œil.

Tu paries ?

Je ne sais combien de temps dura ce duel entre la veilleuse et moi. Tout devenait
très noir autour de cette lueur dorée. Il n’y avait plus au monde que l’œil de ce hibou, qui me défiait dans
la nuit :
— Regarde-moi ! Allez, regarde-moi !
Le hibou et moi.
Volonté contre volonté.
Finalement, j’ai gagné.
« Pof ! » a fait la veilleuse.
Je connaissais ce bruit. « Pof ! » Victoire ! L’ampoule a explosé ! Je l’ai fixée
si intensément qu’elle a explosé ! « Pof ! » Suivi d’une petite pluie de verre sur
le lino du couloir.
Je me suis tourné en souriant contre le mur pour m’endormir.
Mais je ne me suis pas endormi.
Du fond du couloir, le hibou continuait de me provoquer :

— Regarde-moi, regarde mon œil crevé si tu en as le courage !

Et je ne l’avais pas. Une peur montée de ma plus petite enfance m’interdisait de relever ce défi. Je m’efforçai de fixer le plafond, pourtant invisible dans la nuit. La peur me maintint un long moment dans cette position ; puis, la honte l’emportant

–, je fis de nouveau face au hibou.

Éruption de terreur. Là-bas, dans le couloir, un liquide jaune coulait de l’ampoule
éventrée. Il coulait sans bruit et se répandait sur le sol.

 

….Federico Fellini
était-il certain de vouloir ressusciter ? Supporterait-il cette épreuve ? Ce n’était
pas de la tarte, une résurrection ! Le retour à la lumière du jour, oui, aux parfums
de la vie, soit, aux artichauts à la romaine et aux polpette di bollito évidemment 
tout cela était très tentant, retrouver la faculté de rêver et les palpitations de
la création, certes, mais le confort moelleux de l’éternité tout de même, l’exquise
sensation de planer main dans la main avec Giulietta dans l’espace et le temps, la
si reposante absence de suspens… Quel dilemme !