Une petite robe de fête


À quoi reconnaît-on ce que l’on aime. À cet accès soudain de calme, à ce
coup porté au cœur et à l’hémorragie qui s’ensuit – une hémorragie de
silence dans la parole. Ce que l’on aime n’a pas de nom. Cela s’approche de
nous et pose sa main sur notre épaule avant que nous ayons trouvé un mot
pour l’arrêter, pour le nommer, pour l’arrêter en le nommant.

L’épuisement


Je suis incapable de parler d’autre chose que de l’amour dont je ne sais rien. J’ai essayé, je n’y parviens pas et l’ennui vient comme une sanction immédiate. Tout ce qui est de l’ordre
d’un savoir m’indiffère. Même la connaissance.

L’épuisement
Christian Bobin