peinture:Edward Munch fille à la fenêtre 1893

Je connais si peu de la nuit
mais la nuit semble bien me connaître
et plus encore elle m’assiste comme si je le désirais
elle recouvre l’existence avec ses étoiles
Peut-être la nuit est-elle la vie et le soleil la mort.
Peut-être que la nuit n’est rien
toute conjecture à ce sujet n’est rien
et rien les êtres qui l’ont vécu
Peut-être que les mots seraient tous là uniques
dans l’immense vide des siècles
on fouaille l’âme avec leurs souvenirs
mais la nuit sait la misère
qui boit notre sang et nos idées
elle doit vomir nos regards
sachant notre trop plein d’intérêt et de confusion
Mais il se peut que j’entende pleurer la nuit dans mes os
Ses immenses larmes délirantes
et ses cris parce que quelque chose s’en est allé depuis toujours.
Redevenir encore une fois un être.

Alejandra Pizarnik (1936-1972)

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